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NAVIGATION

Nabucco vers les Lofotens 2026

Notre programme de navigation 2026

par Georges Depetri


Résumé de notre expérience

Notre 1070 a hiverné bien au chaud et démâté dans un hangar chauffé à Henan sur la grande île d'Orust un peu au nord de Göteborg en Suède.
Il est remis à l’eau le 5  mai et nous partons sans tarder vers la Norvège. 

Traversée du Golf d’Oslo puis remontée vers Stavanger ou nous sommes arrivés depuis les Orcades en 2025. C’est à partir de la que nous découvrons de nouveaux ports et de nouvelles îles en progressant à la voile la plus part du temps car nous avons le temps de patienter entre deux périodes de vent du nord ou de calme. Malgré  tout, sans  nous en rendre bien compte, nous ne brûlerons pas moins de 270 litres de fuel en trois mois de croisière.... Beaucoup trop !

Nous allons passer la plus part de nos nuits dans de tout petits ports avec 2 à 12 places visiteurs. Nous trouverons toujours de la place, nous n’avons jamais eu à nous mettre à couple. 

La météo très pluvieuse, grise et froide cet été (exceptionel , aux dires des norvégiens) nous fera apprécier ce confort et finalement nous ne mouillerons notre ancre que 4 fois alors que nous visiterons pas moins de 50 mini marina …. A 20/25 euros en moyenne la nuit cela fait bien sur un budget. Nous ne sortirons pas l’annexe une seule fois.

Il y a très peu de voiliers au Nord de Bergen, les Norvégiens préfèrent les vedettes à moteur et le Golfe d’Oslo. Nous rencontrerons environ 3 Allemands 3 ou 4 Français et 5 ou 6 Norvégiens ou Suédois durant l’été, jusqu’aux Lofotens. 

Nous sommes les seuls à tirer des bords contre le vent du Nord quand il n'est pas trop fort et que le courant n'est pas défavorabe. Le Norvégien a du pétrole et navigue souvent au moteur. 

La navigation dans les eaux protégées, entre les îles et le continent, est très facile une fois que l’on a compris le balisage. Nous perdons l’habitude de la haute mer ! Nombreux sont les ferries, petits cargos, pêcheurs, bateaux de travail des fermes à saumons et paquebots qui font du tourisme très près des cailloux. 

Attention à la fonction ZOOM sur la carte électronique qui fait perdre la notion des distances et donc des largeurs des passages étroits.

Le balisage rouge / vert est bien différents de ce dont nous avons l'habitude : des cônes blancs avec un petit rectangle rouge ou vert (invisible de loin) en haut d'une perche. Notre équipage prendra quelques coups de stress pour éviter les innombrables perches noires qui marquent les roches immergées et que l'on ne distingue qu'au dernier moment (leur couleur n'aide pas). Il nous est aussi arrivé de passer au nord d'une bouée sud que l'on croyait verte !

Le choix des stops demande beaucoup de temps sur les applications Navily, Harbour guide, Harbour map . Trop de choix et trop d’options à remettre sur la table en fonction de la météo réelle. Mais il y aura toujours un abri disponible et les prévisions sont fiables sauf pour les courants. Il est impossible d’aller dans toutes les îles et de faire toutes le randonnées recommandées par les voiliers rencontrés. Certains fjord sont tellement profonds, jusqu’à 120 NM , que le seul moyen de les visiter est de prendre un ferry. Sinon c’est tout au moteur au moins dans un sens et de plus aucun mouillage possible : à 10m des rocher il y a 80m de fond. On imagine l’angoisse  en cas de panne moteur ! 

Cliquer sur les photos pour agrandissment


Le 19 Juin nous passons le cercle polaire (66° 30’ Nord) Sophie l'a vu !!

Effectivement plus de nuit il faut de vraies rideaux dans les cabines pour dormir. Le temps est toujours très humide pas une journée sans un peu de pluie. Ce n’est pas grave nous aurons surrement un sèche linge au prochain arrêt.  
Nous touchons les Lofotens à Kabelvag   par 68° 13’ Nord.  

Les ports y sont parfois minuscules, parfois ce sont de grand ports de pêche avec de toutes petites marinas, la plupart du temps non équipées de sanitaires. Les bus sont un bon moyen de visiter car ils passent au fond de tous le fjords. 

Cliquer sur les mignatures pour agrandissement.


La côte du continent est tout aussi belle en face des Lofotens  et il y a moins de caravaning….
Dix jours plus tard nous mettons cap au Sud un peu soucieux du courant portant généralement au Nord qui devrait nous ralentir. (Une branche du Gulf-stream ) En fait non, les cartes de courant de Windy sont très imprécises. De même les coups de vent prévus une semaine à l’avance ont tendance à disparaître, tant mieux !
Le 5 Août nous sommes redescendus à Ulsteinvik   ( 62° Nord ) ou nous allons hiverner le RM. A sec, pont plastifié et amarrage sur blocs de béton. 


Il est très tôt en saison, c’est vrai,  mais nous avons envie d’un peu de soleil et de canicule….Il faut de la chance pour avoir une journée sans pluie qui permette de sécher les voiles et les plier.


Ce qui etait MOYEN :

La vie est chère dans ce pays, pizza à 25 euros , et faut parler anglais tout le temps, les fermes marines vous dégoûtent  du saumon définitivement (PCB, Antibiotiques à gogo, colorants, bateaux nettoyeurs de poux de mer …)  
Liaison en train ( honte de l’avion…) difficile depuis Oslo à travers l’Allemagne.
Distances énormes  Nord / Sud. Par exemple nous avons fait 10h de bus de Ulsteinvik à Oslo.
La météo peut être monotone mais il suffit de choisir la bonne année ?
Pas mal d’Heures de moteur car le vent est souvent faible et rarement travers sur ces trajets Nord/Sud.  Génaker et Spi indispensables. 


Certaines petites villes sont assez désertes et sans attraits (population 5 millions  seulement) Complètements mortes en WE.  
Prière de ne pas s’intéresser à la politique  ( Pétrole de mer du Nord) de cet état qui ne veut pas de l’Europe mais est dans l’espace Schengen .  
Méduses fréquentes gênantes pour le bain en eau froide. ( Passion de Sophie) 


Difficulté à trouver du cash partez avec deux cartes de crédit. Smartphone indispensable pour commander dans beaucoup de restaurants. ( hors de prix….)


Ce qui etait trop bien

NAVIGATION

Attentive mais facile. Marnage de 2m maximum et que au nord de Bergen. Courants faibles, 1 kt max (sauf au niveau de Rorvik où il peut atteindre 2kts) portant au Nord, peuvent cependant rendre un louvoyage laborieux.

Les passages de certains caps réputés dangereux par mauvaises conditions n’ont rien à voir avec ce que l’on trouve à la pointe Bretagne en dehors de ces périodes. Malgré tout à ne pas tenter par mauvais temps a-t-on lu. Au cap Stad un tunnel au gabarit de l'Hurtigruten (l'express côtier qui transport 600 passagers) va être creusé à l'endroit le plus étroit de la presqu'île pour que le traffic des paquebots, ferries et cargos ne soit pas intérrompu comme cela arrive plusieurs fois par an actuellement.

Très nombreux abris, mer souvent totalement protégée. Météo fiable.  Balisage précis. Les fermes marines, innombrables, ne ferment jamais totalement un détroit.
Très longues journées de navigation possibles puisque du printemps à la mi août il ne fait  jamais réellement nuit.

CONFORT

Total et systématique dans les petits ports : eau, électricité douches chaudes parfaites, machines à laver et sèche-linges. Parfois une maison d’hôte pour cuisiner, rendre un repas et se relaxer dans un canapé.

Avec une plaque électrique à bord nous n'avons pas eu besoin d'acheter une bouteille de gaz norvégienne (pas de camping-gaz ).

Notre radiateur 220v nous a permis de n'utiliser le chauffage fuel du bord que 3 ou 4 fois au mouillage. Au réveil il faisait entre 0°C (en Suède où nous nous réveillons avec du givre sur le pont !) et 10°C en milieu d'été au nord, avec pas mal d’humidité à bord.

La température de la mer ne dépassait pas 12°/13°C.

Nous avons trouvé à nous approvisionner facilement car il y a toujours une superette dans le moindre petit village.

AMBIANCE

Sensation d’être intrépides car isolés avec très peu de voiliers rencontrés. Toujours une place à quai.
Randonnées nombreuses bien aménagées et bien décrites (l'application UT ou les cartes topographique norvégiennes sur une appli du type Iphygenie sont très utiles). Forêts sauvages, cascades, nombreux lacs et myrtilles en Juillet au bord de la mer !

Cliquer sur les miniatures pour agrandissements.

 

Saunas (parfois au bois) et bains de mer tonifiants.

Pèche à la traîne pour le maquereau (même s'il nous est arrivé d'accrocher un cabillaud lond de 80cm !), au lancer pour le lieu noir, sur les tombants à l'arrêt pour le lieu jaune, et en plonger dans le sable sous 10m pour la coquille saint jacques ( notre ami allemand y est allé pour nous ! )

Accueil chaleureux du plaisancier français avec son drôle de voilier à cockpit ouvert.
Atmosphère reposante d’honnêteté générale. Personne ne contrôle  que vous avez payé votre place de port, aucune capitainerie, tout se fait via l’appli Gomarina ou par dépôt de cash dans une boite à lettre. Attention l'appli Vipps n'est utilisable que par les suédois ou es norvégiens.

De très belles villes à visiter et où flanner : Stavanger, Alesund,Trondheim

A Oslo ne pas manquer le Musée FRAM avec le vrai voilier Fram qui conduisit Amudsen vers le Pôle Sud et Nansen vers le Nord.

HIVERNAGE
 à flot possible dans plusieurs ports car sur cette côte ouest la mer ne gèle pas (Gulf-stream) contrairement au Golfe d’Oslo et à l'ouest Suède. C’est un peu dur à avaler mais c’est ainsi. Par contre en hiver forts coups de vent, donc les défenses et les amarres peuvent souffrir. De plus un mètre de neige en bord de mer est possible d’où les plastifications du pont proposées. Les ports à sec sont plus chers mais plus rassurants. Pour nous Ulsteinvik-Marina.  Environ 4000 euros avec tout l’entretien moteur et cct d’eau.  Naturellement les chantiers maîtrisent l’hivernage des bateaux.

ROUTE
Le chemin le plus classique pour monter passe par l’Écosse puis les Orcades vers Stavanger, 250 MN ou les Shetlands vers Bergen à peine 180 MN.
Un mois et demi en 2025 , trois mois en 2026 et sans doute encore un mois en 2027, nous aimons naviguer en Norvège. Peut-être rentrerons nous par les Shetlands pour revoir l’Écosse.  

 

Georges DEPETRI

 

 

 

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